L’obligation de servir ; quelques réflexions constructives, mais critiques

, par  C. Barbey

Toute personne a droit à son destin et à sa carrière.

Servir la communauté humaine, à petite ou grande échelle, l’humanité ou la famille, la planète ou son agglomération, un pays ou un idéal, apprendre à partager et à vivre ensemble sont parmi les éléments essentiels de toute forme d’épanouissement et de dépassement de soi. (Pour la science du bonheur, voir ici).
Le fait de servir, mais plutôt de son plein gré et au mieux de ses compétences, en apprenant de ses erreurs et sans nuire, est un élément essentiel du progrès humain et personnel.

Dans ce contexte, apprendre la guerre et à tuer ses semblables pourrait être qualifié "d’aberration génétique" et "d’erreur psychologique fondamentale" : c’est aller à l’encontre de ses instincts bien compris.
Dit autrement, cultiver la destruction ou la croire nécessaire, voire possible ou souhaitable, intégrer la notion d’ennemi et les pratiques de déshumanisation que cela implique, c’est aller à l’encontre de nos instincts naturels bien compris et de nos choix fondamentaux : à savoir instincts et choix qui nous amènent à la production de vie et donc d’amour, de respect vers une vie de qualité et d’humanité, de paix active et partagée, sur une planète au destin durable.

Croire en la violence et la guerre est aussi une "erreur historique grave", erreur de gestion de l’histoire humaine.
Si par le passé, il peut avoir semblé nécessaire de résister à la violence par la violence, ou par une violence plus grande encore (courses aux armements), en faire une fatalité est se soumettre, ou risquer de se soumettre à nouveau à une telle violence.
Seul le refus de toute violence, leurs préventions effectives dans ses diverses formes (toutes les sortes de violences) et la résolution pacifique de tous les différents, entre autres par l’éducation à la paix, la promotion de la paix et la mise en œuvre du droit à la paix permettent et permettront d’atteindre la dignité et une paix heureuse, stable et durable.
(Pour liste complète de toutes les politiques de paix nécessaires).

Cela ne veut pas pour autant dire que l’obligation de servir et l’importante modification du parcours personnel qu’elle impose, ou même que les violences que l’armée enseigne soient systématiquement mauvaises ou a rejeter, mais précisons le encore et toujours : si la sécurité est un droit, l’usage de la force est toujours un échec de la prévention.

Et si la dissuasion peut paraître nécessaire, elle est elle-même une forme de violence, ou d’échec de la compréhension, voir de la persuasion et surtout elle détourne d’important moyens humains et financiers de la construction de la paix, maintenant de plus l’usage de rapports de force et la présence d’une forte conflictualité au sein des sociétés, un plafond de violence au-dessus de l’humanité.

Par ailleurs, force n’est pas violence, tant dans l’intention que le résultat.
Une force non-violente mesurée et exercée sans malice, intention de nuire or représailles permet de contenir et dépasser une violence, de lui donner un exutoire par lequel elle puisse évoluer, se réformer.
Il est souvent nécessaire de déconstruire des violences pour construire la paix. Savoir la paix possible et refuser ou objecter à la violence est un bon début.

Quant à transformer la force possible en violence organisée, avec l’intention de détruire, de faire (du) mal, de blesser ou pire, c’est faire injure à la nature humaine, à l’intelligence du cœur et au génie humain, à la liberté et sa responsabilité ; c’est à notre avis indigne.
Et pour le progrès de la condition humaine, c’est aller à fin contraire.

Tant que les méthodes et les usages de la force passeront par la violence et la guerre et ne seront pas mis et mesurés selon les critères et la logique de la non-violence, tant que la force de destruction mise exagérément à disposition sera un choix de société, il sera difficile mais nécessaire d’en prévenir l’usage. La sécurité est un droit, le choix des méthodes de sa mise en œuvre aussi. La paix se fera et se fera bien par la paix et des moyens pacifiques ; le reste n’est que tristesse et violence, mépris de l’histoire humaine et de ses possibilités futures.

Nous émettons aussi de sérieux doutes, entre autres statistiques, sur la capacité de chacune et de chacun (de chacun surtout) ou du plus grand nombre à ressortir grandi et plus humain d’un passage sous les drapeaux ou de l’éventualité de la guerre.
Entre autres, car tout militaire à une chance sur 3 d’être soit criminalisé, soit psychiatrisé.
Pour le service civil par contre, nous n’en doutons pas ou peu, cela peut être une expérience formatrice de grande valeur.

Reste que le fait d’être confronté - et de façon inéluctable - à l’obligation de servir amène beaucoup de jeunes à comprendre ce que c’est que d’avoir à assumer un très gros problème d’organisation de carrière, de choix éthique et de motivation.
Et c’est là la mission de la permanence, vous aider, en faisant de notre mieux, à assumer pour et par vous-mêmes vos choix futurs, en faisant de l’obligation de servir un obstacle le plus petit possible.

Mais cette obligation viendra-t-elle à disparaître ; nous ne la regretterons pas, tout en souhaitant le maintien d’un service civil, alors volontaire, car la vie nous apportera bien d’autres occasions (et de bien des façons) d’apprendre et de progresser, et si besoin de gérer un problème en face.

Puisse la paix prévaloir et toujours prévaloir !

Christophe Barbey
Mises à jour :
15.2.22 (relecture, quelques retouches, introduction de la non-violence)
9.8.25 (relecture, approfondissements et ajout de l’erreur historique).


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